« L’écharpe et l’étoffe » de Dominique DELPOUX

Dominique DELPOUX a réalisé la série de portraits »l’écharpe et l’étoffe » durant l’été 2003 dans le cadre d’un programme de commande artistique développée à l’initiative de l’association POLLEN et de l’ODAC Office d’Action Culturelle de Lot-et-Garonne, avec le soutien du Conseil Général de Lot-et-Garonne.
Elle a été inaugurée et présentée du 10 octobre au 21 novembre 2003, dans l’espace d’exposition de Pollen à Monflanquin.

« L’écharpe et l’étoffe »
Topologie du corps

Depuis plus de dix ans, Dominique DELPOUX développe un travail photographique qui interroge la notion d’identité et les liens qu’elle établit avec le corps et son environnement.

Il réalise dans les années 90, une première série de portraits sur les anciens mineurs de Carmaux. Des couples de retraités « unis jusqu’à la ressemblance physique » posent dans le décor de leur univers intime. Le cérémonial et le cadrage participent à la construction d’une trame que Dominique Delpoux reproduit de manière simple et systématique. Bien que « mécanique », le procédé contribue pourtant à la relation perceptible entre les modèles et le photographe.

Des corps sont recensés, « enregistrés » dans une grille née de la multiplication. Elle va agir comme un révélateur et laisser apparaître à même les corps, les traces laissés par les spécificités d’un groupe, d’un espace sociale, économique ou culturel.

Ce modelage opéré par un contexte sur une identité interroge Dominique DELPOUX. En topologiste, il note les variations, compare. Prolongeant son travail sur la ressemblance physique, il réalisera des séries de portraits de jumeaux vivant ensemble ou séparément. La singularité des sujets est propice à un exercice ou l’œil questionne deux corps mais un seul modèle, pour y trouver les particularités de chaque identité…

En 1997, constatant combien les corps et les esprits sont marqués en fin de journée, il réalise sur le chantier du Théâtre National de Toulouse une série de portraits d’ouvriers : le matin alors qu’ils s’apprêtent à travailler et le soir avant qu’ils ne quittent le lieu de travail. Les deux photographies présentées conjointement soulignent les variations.

Ce principe du diptyque sera repris pour une série de portraits d’ouvriers de l’industrie textile photographiés à leur poste de travail puis dans le cadre de leurs loisirs e de leur intimité. Il renouvelle l’expérience en 2000 avec la réalisation de portraits d’étudiants du Centre de Formation d’Apprentis Agricoles d’Orthez ou chacun expose sa singularité au-delà de ce qui le rattache à sa catégorie socio-professionnelle.

Dominique DELPOUX a réalisé durant l’été 2003, un travail spécifique sur le territoire du Lot-et-Garonne à l’initiative de Pollen et de l’ODAC, Office d’Action Culturelle du Lot-et-Garonne . Dominique Delpoux a choisi de travailler sur les maires du Lot-et-Garonne et leurs écharpes : attribut vestimentaire rudimentaire mais singulier et symbolique…

Une vingtaine d’élus de communes du Lot-et-Garonne ont accepté de poser drapés – ou non – dans les habits de leurs charges, puis dans le contexte de leur choix. En associant à sa commande un « ancrage territorial » certain, Dominique Delpoux a poursuivi et prolongé le travail qu’il mène depuis de nombreuses années. La série de diptyques qu’il a réalisée, complète un travail pertinent et sensible en gardant aussi les traces d’échange chaleureux entre un territoire et un photographe de talent.

Denis DRIFFORT

Edition réalisée dans le cadre de la résidence à Pollen – Epuisée –
Plaquette 4 pages – 21 x 29,5 cm
3 photographies