FLORIAN BALZE


Exposition présentée à Pollen du 12 juillet  au 13 septembre 2019

Né en 1969.
Il vit et travaille à Munich.

Florian BALZE vous posera sinon un problème, des questions : le travail qu’il propose échappe presque toujours à une identification claire et nous impose de resituer les limites qui définissent le champ de l’Art.
Usant de palettes oubliées, de matériaux ignorés, revisitant les rayonnages de l’histoire, dans ses codes, ses modes esthétiques et plastiques, Florian capte, recense, repère la matière d’une création qui sait jouer des ambiguïtés qui la nourrissent.

Il réussit par-là une performance : celle de reposer avec intelligence des questions essentielles dans des formules qui incitent à l’expérience, autorisent le plaisir du jeu et mettent à jour nos rapports complexes, incertains et arbitraires avec des notions telles que la qualité ou la beauté…

Si Florian BALZE n’impose rien, il sait être un rien provocateur pour ébranler nos certitudes.
L’installation de « parasites », fausses fenêtres, fausses bouches d’aération dans des espaces publics (Installierte Fotoartbeiten. Münich 1998) ramène avec habileté et malice au trompe-l’œil, à un rapport au réel et à l’image que l’art contemporain ne cesse de questionner.

Il n’en cède pas pour autant à la facilité du contre-pied radical et systématique : Florian propose, dispose et assemble les pièces de «mécaniques plastiques» qui lui sont propres, mais qui affirment leurs logiques comme une évidence.

L’utilisation de procédés simples comme dans la série de photo-sculptures d’Ostberlin Room, ( 1998), souligne la volonté de F. Balze de ne rien démontrer par le geste ou le processus de fabrication de l’œuvre.

« kallersheim/Siedlung / 1999 » en est aussi l’illustration. Les formes et couleurs induisent le matériau qui devrait la composer. Une lecture plus attentive révèle une texture grossière mais intentionnelle, qui relativise l’aptitude du regard à fournir une analyse objective…

Florian s’invente de nouveaux lexiques, se frotte à l’exercice des styles. Les découpe, les manipule, les mixe.

Florian s’abreuve à toutes les sources, qu’elles soient définies comme relevant de l’univers du bricolage et de la décoration bon marché, ou de terrains communément attribués au champ artistique.

Unité d’attente convoque le spectateur à une expérience, à un entretien avec l’œuvre. Elle lui parle de formes, des couleurs et de matières et de son créateur dont la définition reste ouverte. Peintre, menuisier-ébéniste, sculpteur, installateur, photographe… Une sorte de réconciliation entre tous ces petits mondes.

Denis Driffort

Catalogue 24 pages couleurs – 16 x 21 cm . + Couverture
photographies couleurs
Texte : Didier Arnaudet / Denis Driffort